Qui a dit que tous les types d’événements avaient été inventés ? A l’heure où la transition écologique est un sujet sociétal d’envergure, il est fondamental de repenser l’événementiel dans sa globalité.

L’évènementiel de transition c’est quoi ?

L’événementiel de transition est un outil d’accompagnement qui mobilise les acteurs d’une entreprise, d’un territoire ou d’une organisation autour d’un projet co-construit. C’est un outil d’aide au changement collectif, permettant de mener des actions qui ont du sens, et ce à moyen terme. Sa singularité repose donc sur une durée définie et une finalité opérationnelle. Il utilise les meilleures techniques d’animation, à l’image de la puissance de l’intelligence collective.

Le plus

Si les évènements de collecte de contenu et d’idées par certaines entreprises sont monnaie courante, l’évènement de transition va plus loin. C’est un événement en soi qui s’ancre pleinement dans une démarche fédératrice et donne à la marque employeur toutes ses lettres de noblesse. Plus qu’une participation collective, à l’instar des processus démocratiques des pouvoirs publics, il implique les équipes jusqu’à la réalisation concrète des préconisations.

Comment ça fonctionne ?

Primo, l’évènementiel de transition utilise l’existant. Ici, on ose « l’up-cycling d’idées ou de concepts ». On ne perd pas d’énergie à ré-inventer lorsque ce n’est pas nécessaire.

Secundo, il faut maintenir une posture d’intérêt collectif. La rigueur de l’animation et l’intelligence collective sont les meilleurs garde-fous face aux individualités et polémiques qui entravent la fluidité de la transition.

Le processus arbore 3 temps majeurs :

Temps 1 : le scénario par la gouvernance

L’événement de transition démarre par la co-rédaction, la co-construction d’un scénario. Cette première histoire est rédigée par la gouvernance du projet (les managers, des dirigeants) en mode collaboratif. Elle permet d’extraire les grandes thématiques, de nommer les pilotes et surtout de définir l’objectif à la base de toute communication.

L’objectif doit être simple, mesurable et compréhensible par le plus grand nombre.

Temps 2 : la production par les parties prenantes

Vient ensuite le temps de l’appropriation par les personnes volontaires (par exemple les salariés les plus motivés). Ce moment collectif permet de définir le cahier des charges de chaque grand chantier. C’est à partir de là que débute la phase projet et l’agenda des réunions de travail.

Temps 3 : la diffusion pour une dissémination plus large

Enfin vient l’heure du premier bilan, l’occasion de partager les premiers retours d’expérience.  Les premiers résultats quantifiés permettent aux différents acteurs d’échanger pour utiliser concrètement les solutions pratiques. L’enjeu réside dans la diffusion massive notamment par des moyens télévisuels.

Concrètement ça donne quoi ?  

Un groupe de 130 entreprises en région nantaise, représentant près de 79.000 salariés, se mobilise pour atteindre une diminution de 50 % de leurs émissions de CO2 en 2030.

Temps 1 : les 27 et 28 Juin 2019, l’association d’entrepreneurs Dirigeants Responsables de l’Ouest (DRO) a organisé les Universités de l’Économie Responsable à Open Lande, près de Nantes. Cet événement a permis à 75 membres de co-produire le contenu d’un scénario de transition. Ce scénario a pour objectif de diminuer de 50 % les émissions de GES en 2030 des organisations membres de l’association. 11 chantiers en découlent, comme l’école de la transition, la transition énergétique, la mobilité, la logistique, la renaturation, l’observatoire et les mesures et indicateurs, le financement, etc.

Temps 2 : le 5 décembre 2019, au Parc des expositions de Nantes, 260 participants répartis en 3 collèges (composés chacun d’1/3 dirigeants, d’1/3 salariés, d’1/3 collectivités, d’associations, d’étudiants) se sont appropriés le scénario et ont rédigé le cahier des charges de leur chantier respectif. Un calendrier opérationnel s’en est suivi allant de 4 à 6 réunions par chantier.

Conformément à l’objectif, tous les rassemblements doivent s’inscrire dans une démarche de réduction de l’impact écologique.

Temps 3 : Les 9 et 10 Juillet 2020, 500 participants sont attendus pour l’heure du bilan. Il sera retransmis au plus grand nombre dans les entreprises et organisations membres. Dans une démarche d’amélioration continue, un bilan annuel permettra de rendre compte des résultats quantifiés et de se rapprocher de l’objectif final : – 50 % d’émissions de CO2 en 2030.

Ainsi la démarche évènementielle est repensée dans son ensemble. L’appropriation est au cœur de la démarche, plus elle se fait dans la durée plus elle s’ancre dans l’ADN des entreprises. Là, réside la véritable innovation du procédé. Dans l’introduction, on évoquait un événementiel au service des Transitions. Car ce dispositif, ce modèle d’événements peut évidemment s’appliquer à d’autres types de problématiques, comme une réorganisation d’entreprise, un processus de certification ISO ou encore un déménagement.

Une transition implique un changement de paradigme. Autant permettre aux parties prenantes, en particulier l’interne, d’y adhérer, plutôt que de la subir.

Gilles, Gens d’Evénement – Mars 2020