Le départ sans sommation de TBWA de l’Association des Agences Conseil en Communication interroge sur le rôle des associations professionnelles.

Au début du printemps 2019, une histoire comme seuls les milieux de la communication savent très bien les générer, a secoué le petit landerneau. Par la voix de son président Guillaume Pannaud, TBWA annonce le départ de toutes les agences de son groupe de l’AACC, l’Association des Agences Conseils en Communication. Quelques jours plus tard, Laurent Habib, président de l’association, lui répond en utilisant les mêmes armes que son collègue, mais néanmoins concurrent : la lettre ouverte.

Trois mois ont passé. Que reste-t-il de cet échange d’amabilités ? Certainement beaucoup de palabres dans les couloirs. Mais aucun éclaircissement public sur le fond de sujets importants :

A quoi servent les associations professionnelles ? Il est évidemment compliqué de rassembler dans une même structure des concurrents agissant sur un même marché. Certes, on imagine facilement que plusieurs thèmes peuvent intéresser toutes les agences de communication : les appels d’offres, les compétitions, les relations agences-annonceurs… Mais, dès qu’il faut tenir un discours commun, les intérêts divergent. Entre les petites agences et les grands groupes, entre les patrons des grands groupes aux egos souvent surdimensionnés, difficile d’avoir une ligne directrice consensuelle ;

– Les milieux de la communication, encore plus celui de la communication événementielle, manquent de données fiables, de baromètres qui font foi, de statistiques qui font l’unanimité. Nous militons pour la création d’indicateurs qui aident les agences et leurs clients annonceurs à se situer dans le marché, comme nous l’avons déjà écrit dans un article précédent. Qui croire dans le combat des chiffres qu’avancent les deux protagonistes ?

Que pensent les clients de cette guéguerre bien inutile ? Rien, sans doute. Dans tous les cas, nous pensons qu’ils méritent un discours de filière ambitieux, clair, qui dit la vérité sur nos modèles, nos valeurs ajoutées, nos expertises, nos ambitions… Ils attendent de nous qu’on les accompagne dans leur transformation. Transformons-nous nous-mêmes… Même si certains d’entre eux cultivent l’opacité, montrons-leur que nous nous engageons vers la transparence. C’est en tout cas un impératif, parce que c’est aussi une question de responsabilité.

Team GDEV – Septembre 2019